Origines historiques et culturelles

Princes Bariba (en particulier de l’ethnie wassangari), nos aïeuls seraient historiquement venus de Denri dans le royaume de Nikki au nord du Bénin actuel, où le pouvoir politique royal auquel ils devaient légitimement prétendre, leur avait été refusé. Le motif de leur migration, semble-t-il, serait que la communauté à laquelle ils appartenaient estimerait que nos aïeuls seraient très nombreux, très puissants, et disposeraient d’une aisance matériel (amana) sans pareil. Dans ces conditions, leur accorder en plus le pouvoir politique qu’est la royauté, pourrait les rendre comme « maîtres et possesseurs de la cité ». L’accès au trône leurs fut dénié. Non contents de ce qu’ils considérèrent comme une injustice, et refusant de s’y soumettre, nos aïeuls quittèrent leur cité d’origine pour une destination on ne peut plus inconnue. Une autre version du récit dit qu’un de nos aïeuls en question a compétitionné pour accéder au trône de Nikki. Ayant échoué pour les motifs ci-dessus évoquées, il a décidé de partir avec ses soutiens pour soit échapper à la honte, soit éviter la cohabitation difficile avec son rival devenu roi. Le prétendant au trône de Nikki qui a perdu est parti avec deux de ses frères et leurs soutiens. C’est ce trio de frères qui servira de base à la dynastie royale ATAROUWA YARI de Bassila Les trois frères et leurs soutiens décident de partir en aventure dans l’espoir de revenir faire assaut du pouvoir si le roi en place venait à mourir. Sur des chevaux, ils ont fait l’option de voyager sur les hauteurs, certainement pour avoir une vue prenante sur l’espace afin de localiser les forces qui pourraient faire obstacle à leur progression. C’est ainsi que dans leur périple, ils auraient transité par les collines de Savè et de Dassa ou ils ont trouvé la population malmenée par les soldats de Béhanzin, roi du Dahomey (Abomey). La colonne est descendue et a renvoyée les soldats de Béhanzin avant de remonter la route. Ils arrivèrent dans la région de Bassila qu’ils devaient traverser en direction probablement de Kroumi (dans la zone de l’actuel Ghana). Les premiers occupants, notamment les Akimey de Abiguédou et les Djériwo de Bamompiri convièrent nos aïeuls à attendre parce que Bassila était en guerre contre Kolomi, un royaume situé dans l’actuelle république du Togo.

Une variante du narratif dit que nos aïeuls ont installé leur campement dans les environs de GUIGUISSO pour se reposer et récupérer des forces en attendant de reprendre la route. Le roi de Bassila d’alors Baba ABI ayant appris la nouvelle d’un impressionnant groupe installé à ses portes, fit préparer à manger et le leur envoya avec des émissaires en signe d’hospitalité voire d’amitié. Le jour où nos aïeuls vinrent à Bassila pour saluer leurs hôtes il les retrouvèrent en guerre contre le royaume de Kolomi. Invités à aider leurs hôtes à combattre l’ennemi, nos aïeuls s’impliquèrent dans le conflit et grâce à leurs arsenal de guerre : armes (les flèches), chevaux et à leur adresse, permirent à Bassila de vaincre l’envahisseur. La guerre finie, ils annoncent leur intention de continuer le chemin. Impressionnés par la force guerrière de nos aïeuls, les premiers occupants de Bassila cherchèrent à comprendre leurs origines et leurs motivations. Le récit ci-dessus leur fut servi. Dans un contexte marqué par les rivalités et les tentatives de conquête par les royaumes voisins nos aïeux sont très tôt perçus comme des alliés dont il ne faut pas se séparer. Sur cette base les conciliabules ont démarrée. Il a été offert à nos aïeuls de rester à Bassila pour maintenir sa sécurité. En retour nos ancêtres obtiennent de leurs hôtes ce qu’ils désiraient et qui les eut convaincus de partir de Nikki : le pouvoir politique, la royauté. Une fois l’accord conclut, ils s’installèrent en trois points distincts qui constituent les origines des trois quartiers princiers de Bassila que sont : Oukansséguédou, Batochili et Bacocoï qui composent depuis lors la dynastie ATATOUWA YARI de Bassila. A l’origine les trois quartiers étaient localisés aux endroits suivants : yaarani à côté de goutougouma (le baobab) pour Oukansséguédou, la maison d’Alfa Adam MAGAZI héritée de son père BABA BODI pour Bacocoï, là où se situe la maison des parents du chauffeur Inoua ATAROUWA pour Batochili. Abiguédou étant localise dans la maison des parents de SEIDOU le premier douanier de Bassila. Nos ancêtres sont donc définitivement restés et ont fini par perdre la langue au fil du temps, au profit du patois local.

Localisation des installations originelles de la dynastie ATAROUWA YARI de Bassila

Localisation des installations

Avec le temps, de nouvelles vagues de peuplement s’observent. Les familles s’étendent ; les quartiers du trio qui compose la dynastie ATAROUWA YARI de Bassila connaissent le même sort. Ainsi la filiale qui donna naissance à Oukansséguédou s’est élargie vers l’est, le quartier Abiguédou s’est agrandi vers le nord et la filiale de Batochili s’est agrandie vers l’ouest. Reste la filiale de laquelle descend BABA BODI, établie au mieux, coincée entre tous et ne disposant plus d’espace pour s’étendre et contenir le nombre qui devient sans cesse croissant. Certains de nos ancêtres ont dû, on ne sait vraiment à quel moment, se retirer de la première demeure familiale devenu trop exiguë et enclavée par les quartiers Oukansséguédou à l’Est, Batochili a l’ouest, Abiguédou au nord et le palais royal au sud, pour s’établir plus au sud dans le lieu qui sera connu à ce jour sous le nom de Bacocoï et qui abrite le vestibule de la collectivité BABA BODI.